Retour vers le passé

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@ Wikipedia

Il existe dans Paris quelques endroits intemporels. L’on vient s’y ressourcer et oublier un instant la furie extérieure. Tout près de la gare d’Austerlitz, l’un de ceux-ci, l’espace qui regroupe le Jardin des Plantes et le Museum d’Histoire Naturelle. Promenade.

C’est un mirage au milieu du désert. Une enclave, une forteresse, qui se retranche derrière ses grilles d’acier qui brillent au soleil, comme pour conserver ses trésors par-devers l’espace et le temps. Cet endroit semble ne jamais devoir disparaître ni changer, de façon à ce qu’on se demande si le temps à jamais eu prise sur lui.

L’endroit porte le doux nom de Museum National d’Histoire Naturelle. Il se trouve au cœur de Paris, à deux pas de la Gare d’Austerlitz, de la Grande Mosquée ou encore de l’université de Jussieu. Il se déploie face à la seine, un bâtiment construit par les aléas de l’histoire et la nécessité de s’agrandir au fil des siècles. Cinq cent ans qu’il est là.

Le Jardin des Plantes

Avant d’accéder au bâtiment à proprement parler, il convient de s’attarder sur certaines spécificités du lieu. Car le Museum National d’Histoire Naturelle est avant tout un refuge pour les naturalistes, mais aussi une place forte de la recherche transversale entre les disciplines qui s’intéressent au vivant. C’est ainsi qu’une fois dépassée l’entrée qui fait front à la seine, à la rue, aux voitures, se présente la statue de Lamarck, fondateur de la doctrine de l’évolution (ce que signale du moins le socle de pierre sur lequel il est juché). Il est le gardien du Jardin des Plantes, Saint-Pierre accordant ou non le droit d’entrée dans cet oasis, vestige des temps jadis. Derrière lui, à perte de vue, un jardin à la française tout en carrés et rectangles, une des cinq parties du Jardin des Plante, le Jardin des Perspectives.

Le Jardin des Perspectives est ponctué de multiples allées qui laissent le voyageur s’égarer entre les parterres de fleurs dont chacune est étiquetée soigneusement, libre de respirer les effluves de toutes les espèces de plantes ici représentées. D’autres allées s’étendent de part et d’autre du jardin, bordées par des rangées de platanes dont les branches se tendent vers le ciel froid de l’hiver. Il y a quelque part sur la droite la ménagerie derrière des grillages en torsade, et il est possible au détour de la flânerie d’entrevoir des pandas roux et d’entendre vaguement des singes ou des oiseaux qui s’ébattent. Il suffirait de suivre les sentes du jardin des perspectives pour se rendre tout droit au bâtiment principal du Jardin des Plantes, le Museum à proprement parler et ses galeries. Mais il existe des chemins de traverse tout aussi intéressant. Un chemin détourné permet de passer entre les deux verrières construites au dix-neuvièmes siècles, toutes d’acier, de verre et de buée, puis de s’engager sur les voies du Jardin Écologique au cœur duquel s’établissent des futaies de chênes et de charmes, puis de pousser plus loin encore sur le Jardin Alpin, jusqu’au Labyrinthe qui grimpe un tertre en haut duquel trône un kiosque à musique et des bancs qui offre une vue à couper le souffle sur l’ensemble en contrebas.

Les galeries du Museum

Enfin il est temps d’abandonner le vent de l’hiver et de se réchauffer les mains. Direction le Museum National d’Histoire Naturelle. La bâtisse surplombe le Jardin depuis un piédestal de pierre clair. Sa façade date de la renaissance et constitue la partie la plus ancienne. Son ton ocre lui, ses nombreuses fenêtres, ses colonnes articulées autour d’une statue sise sur un parapet du premier étage lui permettent de se détacher clairement de la marée de plantes et de la dominer de sa majesté. Après avoir contourner celle-ci, c’est enfin le hall d’entrée, au parvis résolument plus moderne, et où les lourdes armatures de métal des fenêtres ont été remplacées par des baies uniformes.

Le plus intéressant à l’intérieur, ce sont les deux galeries ajoutées à la bâtisse dans la deuxième moitié du XIXe siècle. Il y a d’abord la galerie de Paléontologie et d’Anatomie comparée. Au rez-de-chaussée, se découvre la Galerie d’Anatomie comparée, sorte d’incursion dans l’univers des naturalistes du XIXe, au premier étage, ce sont les vertébrés fossiles allant des créatures les plus primaires au loup commun, et enfin au deuxième étage, les invertébrés fossiles où sont entreposés les fossiles datant des premiers temps de la vie. Ici, l’atmosphère est presque intime, les couloirs ne laissent pas circuler plus de deux personnes de front, voire moins. S’y trouvent des ossements reposants sur des socles de bois vermoulus, un parquet que des milliers de pieds ont foulé, des bocaux de formol qui servent à conserver des collections d’organes d’animaux, d’étroits escaliers pour accéder au premier étage, éclairé par un plafond de verre dont l’architecture évoque celle des verrières de l’extérieur. Enfin un deuxième étage en mezzanine donnant l’occasion d’un aperçu aérien des squelettes de diplodocus ou de glyptodon.

Ensuite, se découvre la Grande Galerie de l’Évolution. Le thème de cette galerie est la présentation des espèces actuellement vivantes, met en avant les espèces menacées, mais ouvre également sur des réflexions quant aux rapports entretenus entre l’homme et la nature par des tableaux.La Grande Galerie de l’évolution reste dans la même veine que celle d’Anatomie comparée sans pour autant s’y conformer, avec une architecture caractéristique du XIXe siècle, mais pourtant plus grandiloquente. Elle propose beaucoup plus d’espace, exploite davantage l’acier pour ces piliers et garde-fous, et une nef centrale renvoie directement au plafond aussi lointain que celui d’une cathédrale.

Vient finalement le moment du départ. De l’autre côté du Museum, comme une haie d’honneur deux statues ; le Stégosaure et le Mammouth jettent un dernier regard au spectateur et semblent lui rappeler qu’il s’apprête à franchir de nouveau la barrière dressée entre le passé et le présent. Dans le mauvais sens cette fois.

Johann.

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