La dernière demeure de l’Aigle de Meaux

Cathédrale Saint Etienne de meaux

Elle se dresse et surplombe la ville. Pleine de fierté, elle contemple les passants. Depuis plus de huit siècles, les Meldois la côtoient comme une amie dont ils ne peuvent se passer. Au cœur du centre historique de la ville, la cathédrale Saint Etienne de Meaux continue à veiller sur ses fidèles.

Un chef d’œuvre architectural

« Votre don est un soutien précieux dans notre projet. Grâce à vous, nous ferons battre plus fort le cœur de notre cathédrale. Merci à vous. ». Les paroles de Monseigneur Nahmias, évêque de Meaux, raisonnent particulièrement fort dans le cœur des Meldois. A l’heure où le diocèse lance un appel aux dons pour poursuivre la rénovation de la cathédrale Saint Etienne, les badauds sont toujours plus nombreux à s’attarder au pied de l’édifice. Sur le parvis, ils lèvent les yeux et s’aperçoivent qu’il est bien difficile de ne pas être saisi devant tant de grandeur et de majesté. Les vieux pavés ornant le sol donnent le ton, le cœur historique de la ville bat encore et c’est avec une grande humilité que les passants observent les ornements qui foisonnent sur les murs. En se rapprochant, beaucoup s’arrêtent devant la grande rosace  créée lors de la seconde moitié du XVe siècle et qui siège au milieu de la façade. Plus haut, les gargouilles veillent en compagnie des Saints ; le Christ est là lui aussi, surplombant l’édifice le bras levé vers le ciel. A sa droite, celle qu’on appelle « La Tour Noire »: faite de bois, elle fut construite pour héberger provisoirement les cloches. Elle n’a finalement pas été démontée et constitue désormais un élément singulier de l’édifice. Derrière le Christ se dresse la tour nord de la cathédrale qui trône à une hauteur de soixante mètres et qui est la seule à avoir été achevée. Elle accueille régulièrement quelques téméraires qui montent à son sommet pour surplomber le pays de Meaux et admirer la vue.

Un chœur qui rayonne

Au passage d’un des cinq portails de la Cathédrale, l’impression de n’être que bien peu de choses se confirme. Les curieux pénètrent dans le chœur qui rayonne de toutes parts. Les vitraux laissent entrer le soleil et les rayons viennent caresser la pierre de Varreddes, utilisée pour la construction du bâtiment, et qui donne une teinte particulièrement claire à la cathédrale. La lumière pénètre en abondance et le visiteur ne peut être que frappé par les rayons qui viennent fendre la nef et le chœur. Toute cette clarté est due à la hauteur des voûtes qui culminent à plus de quinze mètres, fait remarquable qui n’est présent dans aucune autre cathédrale gothique. Ainsi la tête et les yeux se lèvent pour observer le plafond. Immédiatement frappés par la finesse de l’architecture, les visages ont du mal à redescendre. Comme coupés du monde, croyants et non-croyants respectent ce lieu et s’attachent à préserver ce havre de paix, vestige d’un autre temps.

L’Aigle de Meaux

Dans le chœur de la cathédrale entouré de grilles en fer forgé, les habitués reconnaîtront la dalle funéraire, faite de marbre noir, de Jacques-Bénigne Bossuet, l’Aigle de Meaux, la plus importante personnalité de l’histoire deBossuet la ville, qui y fut évêque de 1682 à 1704. Celui que Paul Claudel qualifiait de « plus grand maître de la prose française » se voit même gratifier de deux statues à son image. Sur la première, Bossuet est assis sur son trône épiscopal, son regard plein de bienveillance semble intriguer les visiteurs. Par l’intermédiaire de cette imposante statue en marbre, l’évêque est en quelque sorte toujours là et veille sur les lieux. Sur la seconde il est montré debout, priant, entouré de certains de ses contemporains sur qui il eut une influence déterminante comme le Grand Dauphin Louis, fils aîné de Louis XIV. À l’extérieur de la cathédrale, un jardin et même un musée sont dédiés à cette figure emblématique de la ville, particulièrement fière de son patrimoine. À la vue de la dalle, une certaine gravité s’empare des visiteurs, comme si toutes les idoles étaient là pour rendre hommage à cet homme qu’il ne fallait pas déranger. Bossuet n’est bien sûr pas Dieu mais il repose là et avec lui l’âme de la ville.

Un lieu de communion

À l’heure de la messe, les fidèles s’amassent devant la géante de pierre qui les accueille le temps de la cérémonie. C’est un tout autre spectacle qui se joue alors et tous sont frappés par la puissance de l’orgue. Ce dernier, dont les origines remontent au XVIIème siècle, en impose: ses longs tubes d’acier s’élèvent vers le plafond de la cathédrale et le son qu’il projette semble raisonner jusque dans l’âme des fidèles. Les chants répondent alors à l’orgue et tous sont frappés par la beauté de l’instant comme si cet édifice donnait encore plus de force à l’acte qu’ils étaient en train d’accomplir. Lucas Martins, fidèle du diocèse de Meaux, explique pourquoi il aime particulièrement assister à la messe dans la Cathédrale Saint Etienne : « Malgré le fait qu’il y ait des églises plus près de chez moi, je me rends tout de même à la Cathédrale. Ce que j’aime particulièrement ici c’est bien sûr la beauté du lieu, peu de fidèles ont la chance d’assister à des messes dans un cadre comme celui-ci. Quand la cathédrale est pleine le dimanche, il y a un tel esprit de communion vous devriez voir ça ! C’est tellement fort ! Les visiteurs sont généralement frappés par la majesté des lieux mais à ce moment-là c’est bien plus que ça. Nous sommes transportés et c’est comme si la voix de Dieu raisonnait en nous ».

Rudy.

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