Du chef à toutes les sauces

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@actustar

Sel et poivre, en prime time, ce lundi soir. Depuis six semaines, Top Chef ouvre ses cuisines sur M6. Le téléspectateur, tel un enfant face à la vitrine d’une boulangerie, bave derrière son écran.

Un écran aux mille saveurs depuis plusieurs années. En effet, les chaînes n’hésitent pas à nourrir les bouches. De quoi faire rougir de plaisir la ménagère qui, laissant la casserole de côté pour un soir, apprend comment customiser un œuf ou revisiter le cassoulet. En chefs de file : TF1 et M6. Masterchef et Top Chef. L’un est terminé depuis quelques mois et reviendra bientôt. L’autre est en pleine diffusion. Dans le cœur du public, Top Chef l’emporte. L’occasion de comparer le livre de recettes – du succès – des deux émissions.

Un casting en castes

Amateurs contre professionnels, car il faut bien une base pour les différencier. Puisque ce n’est pas la somme d’argent que le vainqueur reçoit – 100 000 euros – ou le titre des programmes – chacun pourrait crier au plagiat –, il faut choisir. Le parcours des candidats devient le critère. Masterchef met en avant des seconds, des commis, des inconnus, des amateurs. Top Chef joue la sécurité : des chefs, des cuisiniers, des purs, des durs, des vrais. De là à y voir des changements dans l’assiette… Rien n’est moins sûr.

Ce qui varie surtout, d’un casting à l’autre, c’est la personnalité des candidats. Chacun aime s’identifier à son préféré. C’est là ce qui fait la réussite de ces émissions. Sur ce point, les candidats de l’émission de M6 semblent s’imposer. En même temps, avec Norbert dans ses rangs, il apparaît impossible de ne pas se distinguer… La chaîne de Métropole Télévision sait sortir de la forte tête, du « morbac », du « badass ». Elles ne sont pas scolaires, les recrues. En revanche, sur TF1, la timidité est de mise. Ou l’arrogance, à l’instar de Ludovic, gagnant de la saison 3, qui n’a pas fait chavirer le cœur de ces dames.

Reste la question du déjà-vu. Des similitudes, il y en a ! Entre Florent de Top Chef 2013 et Simon de Masterchef 2012, entre Norbert de Top Chef 2012 et Latifa de Top Chef 2013. Pour ne citer qu’eux. Le public déguste… de la caricature. Du belge, du ch’ti, du breton, du campagnard. Pourquoi se priver ? C’est plus simple d’utiliser les mêmes épices…

L’heure du jugement

Du côté du jury, les ressemblances frappent. Un chauve, un porteur de lunettes et une coupe à la playmobil pour chacun des programmes. Un risque est pris sur M6 : l’ajout de Ghislaine Arabian et Cyril Lignac. Leur fréquence d’apparition reste faible. C’est dommage ! Car Cyril est le coach. Il est proche des candidats. Il aime son métier. Cela se sent. Il aide. Il conseille. Il écoute. Impossible d’en dire autant des quatre autres de Top Chef. Ils goûtent. Ils critiquent. Ils aiment ou ils n’aiment pas. Mais pas question de conseiller les candidats pour qu’ils s’améliorent ! Sur Masterchef, les critiques se veulent constructives. Elles tranchent, elles brûlent, elles agacent, elles découpent en pièce le candidat. Mais, elles sont utiles. Les candidats progressent. L’abattoir, c’est pour plus tard !

Il y a d’autres juges. Pour Masterchef, des chefs. Du pâtissier. Du poissonnier. Du boulanger. Du boucher. De l’amoureux du produit ! Pour Top Chef, des stars, des sportifs ou des enfants. L’évidence frappe. Le culinaire pour les nuls devient possible ! Cela apporte de la fraicheur à l’émission. Le but est de faire de l’audience. Il faut offrir du fun, de l’amusement. La recette est payante : 3 millions de téléspectateurs chaque semaine pour M6 alors que TF1 a perdu plus de 400 000 âmes en cours de route.

A la manière d’un film d’action

Chaque semaine, le producteur fait un gros plan sur la sueur des candidats. Ils tremblent. Ils s’énervent. Ils courent dans tous les sens. Peu de dialogue, mais beaucoup d’actions. Ce Die Hard à la sauce barbecue est servi sur un plateau. La musique ajoute du piment. Tel l’arrangement d’un thriller de Hitchcock, elle plonge le téléspectateur dans le stress de l’instant. Celui-ci frissonne avec le candidat. Il reste muet pendant la dégustation. Il ferme les yeux. Et il pousse un soupire de soulagement quand le verdict tombe. Une habileté à donner la chair de poule.

Théâtralité et mise-en-scène s’imposent sur un point : les blessures. Morales, d’abord, tel Jean-Philippe qui, pendant la semaine 5 du concours de Top Chef 2013, fait tomber la moitié de son buffet en déplaçant son plateau. Il en pleure. Blessures physiques, également. C’est la clé du succès. Durant la saison 3 de Masterchef, quelques gouttes de sang sont offertes par Ruben. Mais ce sera tout ! En cinq semaines, trois blessures pour la quatrième saison de Top Chef. Les candidats continuent de travailler sans aucun soin. Quels héros ! Alors, le spectateur ou plutôt le client s’en satisfait. Le ravissement la fait sourire. Le piège fonctionne.

Morgane

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Classé dans Critiques

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