Une 35ème brique dans le mur

Pink Floyd The Wall

Pink Floyd The Wall, dessin par Gerald Scarfe

Bientôt, « Another Brick in the Wall, Part II » passera son 35ème printemps. Cela paraît être d’une évidence, mais le jour de sa sortie sur galettes, personne n’aurait pu le prédire. Encore moins le groupe qui en est l’auteur, les Pink Floyd. Faire chanter à des enfants des vers de protestations comme « We don’t need no education » (« On a pas besoin d’éducation » en bon Français)… Faire chanter cela, à des enfants… pas bien du tout messieurs !

Ces messieurs, justement, ne sont pas des habitués du punk. Pink Floyd était considéré – l’est encore – comme un groupe composant de longs et lents morceaux, des « suites », pour reprendre le terme des experts. Ses membres étaient des drogués, des fous, peut-être, mais pas des méchants. Comment expliquer, alors, le succès d’« Another Brick in the Wall, Part II », chanson qui a heurté les mœurs et la pudeur ?

Par sa modernité, sa fraicheur, son intemporalité. Cela est un détail à l’échelle de toute la chanson, mais « Another Brick in the Wall, Part II » suit le rythme de la disco. Ce qui contribue à son originalité. À sa capacité de graver les esprits, et pas seulement le vinyle. Son thème de fond est proche des gens qui plus est, et des gens de tous âges. L’éducation concerne les adolescents ne rêvant que d’incendier leur collège (ou leurs professeurs, à moindre coût) comme elle concerne les adultes qui ont été ces adolescents ne rêvant que d’incendier leur collège… et qui se soucient de l’enseignement reçu par leurs rejetons. Les paroles sont peut-être crues, mais néanmoins pensées dans l’universalité. N’en déplaise à madame Tatcher.

Il ne faut pas oublier non plus que la chanson s’insère dans un double-album conceptuel qui raconte le parcours d’une personnalité schizophrène. Pink Floyd n’a pas composé une piste courte pour le plaisir de la brutalité et de la gratuité. Mais pour celui de narrer une histoire qui s’écrit et progresse par fragments. Et « Another Brick in the Wall, Part II » est un de ces fragments. Qui percute comme il fascine. C’est sans doute de cette manière qu’il faut regarder le succès de ce morceau, de ce bijou. Qui était promis au bûcher.

Jérémy.

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