Sept psychopathes, un chien, des lapins

Affiche du film "7 Psychopathes"Marty (Colin Farrell), scénariste, ne parvient plus à écrire. Son nouveau script n’a pas dépassé le stade du titre, 7 Psychopathes. Pour l’aider à retrouver l’inspiration, son ami Billy (Sam Rockwell) va lui faire rencontrer des psychopathes, des vrais.

Il paraît qu’être écrivain et Irlandais prédispose à l’alcoolisme. Ou qu’il vaut mieux tuer des femmes que des chiens. Il y a des films, comme ça, empreints de sagesse. De ceux-ci, il faut retenir 7 Psychopathes.

Le thriller de Martin McDonagh est bourré de défauts ; il bavasse, se promène avec nonchalance en semblant aller à la fois partout et nulle part. Et pourtant. Pourtant c’est sans doute lorsque le film semble le plus s’égarer dans le désert qu’il parvient à se transcender et dépasser la fonction de parodie dans laquelle d’aucuns auraient voulu l’enfermer. Tout n’est pas aussi simple avec les films de McDonagh, et ce qui semble n’être rien de plus qu’une parodie, un film de rigolo, un faire-valoir aux Django et autres Lincoln, porte en réalité le sceau du génie.

 

Un film hors norme.

 Certes, tout ne fonctionne pas à la perfection, le scénario se perd parfois, traînasse ; il arrive que la fantaisie du cinéaste prenne le pas sur la cohérence et livre le spectateur à des ubuesqueries. Mais le film vaut mieux que cela.

Car derrière l’histoire de ce scénariste en mal d’inspiration qui rencontrera des psychopathes échappés de bande-dessinées, dans le but d’avancer son script, il y a une réflexion au sujet de la création et de toute ce qu’elle engage. McDonagh pose ainsi la question du formatage et des codes, celle du renouvellement d’un cinéma qui ne se pense plus que comme objet de consommation, près de se scléroser ; un cinéma dont chaque film produit à sa suite d’autres films-copies, qui eux-mêmes se démultiplieront, à l’image des lapins de Zachariah (Tom Waits), pour enfin noyer l’original sous des brassées de reproductions sans intérêt.

La virtuosité de McDonagh est qu’il réussit à traiter de toutes ces questions avec désinvolture et humour, en érigeant son film comme une ode à la liberté, un long-métrage qui ne peut ni ne veut se classer et qui n’a jamais la prétention de répondre aux questions qu’elle soulève. Parce qu’un écrivain, fut-il Irlandais, ne sera pas toujours alcoolique.

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